On trouvera ici les comptes rendus, à peine modifiés, que je fais depuis plusieurs années dans les Lettres Romanes de l’Université de Louvain-la-Neuve, consacrés aux parutions sur la nouvelle, ouvrages de réflexion, éditions critiques, monographies…
A leur suite on trouvera une liste d’autres parutions non recensées.

 

Clélie, on le sait, est resté fameux pour sa Carte de Tendre. Mais le nombre de ses lecteurs, dès le XIXe siècle, est devenu inversement proportionnel au nombre de pages qu’il propose (7316 pages). Les dixseptiémites pensent qu’on ne saurait lire l’œuvre qu’en fonction de sa qualité de roman à clé. Or, l’existence d’une clé n’a jamais été prouvée, comme je l’ai écrit dans mon étude sur les romans de l’auteur (il y a des moments où on se demande pourquoi on fait des recherches…). Tout se passe comme si les dixseptiémistes ne pouvaient voir en Clélie qu’un document historique sur la société mondaine et galante du XVIIe siècle (comme ironisait déjà André Beaunier en 1920 : « Un critique peut chercher dans les romans de Mlle de Scudéry ce que, d’ailleurs, il n’y trouvera guère à moins de l’y avoir mis. ») ou encore comme on si on ne se décidait pas à tenir ce roman comme une œuvre littéraire, et ne concevait pas que le public du XVIIe siècle n’ait jamais lu Clélie que dans l’espoir de s’y reconnaître sous le couvert d’aventures inventées. La vraie question ne serait-elle pas plutôt de voir enfin si Clélie, après trois siècles, tient la route en tant qu’œuvre romanesque (moi qui l’ai lu – j’ai souffert – je dois répondre, hélas !, par la négative) et quelle est sa place dans une histoire générale du roman français ?
2002

 

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