Mayday couverture seuleNotre époque a-t-elle tué la tragédie ? Celle-ci ne survit-elle plus que sous des formes dégradées, dans les séries télévisées et les faits divers ?

Dans Mayday, Jason et Médée sont devenus des acteurs de séries B que dirige, sans enthousiasme, Youri, avatar défait d’Euripide.

Jason rêve de devenir cosmonaute et ne reconnaît pas dans Mady la figure de sa tragédie ; elle n’a jamais rien oublié et poursuit sa vengeance à travers le temps.

Un spectacle « multimédia » sur l’usure du tragique et le drame d’une société sans mémoire, écrit à la demande de Michel Tanner.


 

Publication : Edern (2007) Ker (2013)

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  • Extrait

    PREMIÈRE SCÈNE

     

    On se trouve sur un plateau de télévision. Le décor est celui de la série que l’on s’apprête à tourner : un salon à l’américaine d’un côté, avec une cheminée dans laquelle des bûches artificielles attendent qu’on allume le gaz pour donner l’illusion de la chaleur ; de l’autre, un bout de salle de restaurant cossu. Différents écrans de télévision sont accrochés de-ci de-là, certains allumés, d’autres éteints. On voit, sans le son, différentes émissions représentatives des programmes habituels : une série, un journal, un « talk-show », une téléboutique… Par moment, le son jaillira de l’une ou l’autre émission. On peut imaginer un écran géant, en fond de scène, qui reprendra alors l’émission que l’on entend. On commence d’ailleurs par une émission de téléboutique. Pendant qu’on la suit, Youri rentre en scène, en traînant les pieds et s’impatientera en regardant l’heure et en feuilletant les pages d’un script.

     

    Télévision

    LE VENDEUR : Je crois, Rachel, que vous avez un produit tout à fait exceptionnel à proposer à nos spectateurs…

    LA VENDEUSE : Absolument, John. Un kit qui devrait faire fureur !

    LE VENDEUR : Et de quoi s’agit-il ? D’après ce que j’ai cru comprendre, cela ne va pas contribuer à la paix des ménages…

    LA VENDEUSE : C’est une question de point de vue, mon cher John ! Regardez (elle présente une petite trousse noire remplie d’accessoires), il s’agit d’une panoplie que ne renierait pas James Bond !

    LE VENDEUR : Encore que, dans son cas, il risque d’en être davantage la victime que le bénéficiaire !

    LA VENDEUSE, qui rit généreusement : C’est vrai ! Voyez, vous avez ici, mesdames, une panoplie de parfaite espionne, pour vous assurer de la fidélité de votre conjoint.

    LE VENDEUR : Mais pourquoi seulement les dames ? Insinueriez-vous, Rachel, que les femmes sont plus fidèles que les hommes ?

    LA VENDEUSE : Ce n’est pas moi qui le dit, John, ce sont les statistiques ! Mais vous avez raison : ce produit s’adresse aussi aux hommes. C’est un ensemble de trois détecteurs, qui bénéficient des recherches les plus sophistiquées et les plus récentes. (Elle sort les appareils l’un après l’autre.) Celui-ci vous permettra de détecter les cheveux intrus sur les vêtements. Regardez…

    Elle se lève et passe l’appareil sur le veston de son partenaire,

    jusqu’à ce qu’une sonnerie discrète se fasse entendre.

    LA VENDEUSE : Ah ah, John ! Seriez-vous pris en flagrant délit ? De quelle couleur sont les cheveux de votre épouse ?

    LE VENDEUR : Ils sont blonds, comme les vôtres, mais longs !

    LA VENDEUSE : Vous avez de la chance ! Il s’agit bien d’un long cheveu blond ! Mais je pourrais aussi vous soumettre au test du parfum (elle retourne à sa place et prend un autre appareil), que vous programmez pour qu’il reconnaisse les parfums que vous n’utilisez jamais…

    LE VENDEUR : Redoutable !

    LA VENDEUSE : N’est-ce pas ? Et surtout, last but not least, ce véritable détecteur de mensonge, qui fonctionne aussi bien que ceux qu’utilise notre police fédérale !

    LE VENDEUR : Surtout ne l’allumez pas ici !

    LA VENDEUSE : Rassurez-vous ! Ce magnifique ensemble ne coûte, tenez-vous bien John, que 120 dollars ! Ce n’est pas grand-chose pour avoir l’âme sereine, ne trouvez-vous pas ?

    LE VENDEUR : Je dirais même que c’est le cadeau qu’il faut absolument offrir à son conjoint, pour le convaincre du même coup qu’il n’a aucune raison de s’en servir !

     

    Fin de l’émission

     

    YOURI, qui d’un geste de télécommande éteint le grand écran : Crétins ! N’importe quoi… Pour un peu, ils vous assureraient que cela peut servir de preuve dans un procès ! Satisfait ou remboursé ! Si votre mari sort indemne de l’examen, c’est que les détecteurs sont défectueux !

    Bruit. Il se tait et se retourne. Une femme hésite à entrer.

    YOURI : Qu’est-ce que c’est ?

    MÉDÉE : Je suis Mé… Mady. Je viens pour le tournage.

    YOURI : Ah, Mady… c’est toi… Avance, ne reste pas dans l’ombre… C’est bien ce que je pensais. Ce que je craignais…

    MÉDÉE, qui ne bouge pas : Quelque chose vous déplaît ?

    YOURI : La liste serait trop longue. Tu n’y es pas pour grand-chose. On ne discute pas les ordres du King de l’E.G. Company ! Il a dit : « C’est Mady ! », et j’obéis. Pourquoi faire la fine bouche ? De toute manière, c’est de la merde… Je veux dire : ce que je fais ici, la série dont je suis supposé être le réalisateur. La seule marge de manoeuvre dont je dispose réside à l’aseptiser. De la merde, mais sans odeur. Bon, ne reste pas plantée là, avance, que je te voie à la lumière.

    MÉDÉE : Quel animal… Il ne sait rien de ce qu’il fait, il ne sait même plus qui il est… Cette époque a pulvérisé les frontières de l’infamie, et j’ignore jusqu’à quelle abjection je devrai plonger pour accomplir mon destin ! Mais je n’ai pas d’autre choix, il me faut avancer et lui offrir le droit de me dicter la manière dont je devrai parler et jusqu’aux mots qu’il me faudra prononcer, quand je ne couve en moi que des cris de souffrance et de colère…

    YOURI : Que dis-tu ?

    MÉDÉE : Rien, je revois mon texte.

    YOURI : Je ne te l’ai pas encore donné… Une folle, c’est bien ce que j’avais cru comprendre. Personne n’en veut plus. Renvoyée avec pertes et fracas de la Colchyd Bros. Une histoire invraisemblable, sur laquelle je préfère ne demander aucune explication. On me l’a dit : puisque tu ne peux pas l’éviter – décision suprême du dieu ! Va-t’en savoir pourquoi ; le plaisir de contredire la Colchyd, à moins qu’il en soit secrètement amoureux, le vieux ; à son âge, seul l’argent permet encore d’être séduisant, et il a de quoi être très séduisant -, puisque je ne peux pas l’éviter donc, prends garde à elle. Elle est sauvage, imprévisible. On ne sait rien en faire sur un plateau. Ça tombe bien, somme toute : l’intérêt de ce que je fais ici est proche du néant…

    MÉDÉE : Il pense peut-être que je ne l’entends pas, que je ne lis pas sur ses lèvres le dégoût que je lui inspire ! C’est tout ce qui me reste de mes pouvoirs, dans cette époque où la panique n’est plus qu’un tremblement que l’on dompte avec un comprimé…

    YOURI : Voilà, viens ici, je te dis, dans la lumière. Bien, Tourne un peu… Mmouais… Je m’attendais à pire… La situation n’est peut-être pas aussi tragique que je le redoutais.

    MÉDÉE : Jamais un homme n’aurait osé me parler ainsi sans craindre pour sa vie ! Mais j’ai pour lui des excuses refusées à tout autre.

    YOURI : Rhabillée, maquillée, on pourra peut-être en faire quelque chose de passable. Où est ta maquilleuse ? Parce que madame a des exigences de star, elle ne veut pas n’importe quelle maquilleuse…

    MÉDÉE : Sur toi, mon courroux ne s’exercera pas. Ce que le temps t’a fait subir, tu n’en es pas responsable. Ton calame, jadis, a porté aux hommes le feu de ma colère et de ma vengeance. Pour te remercier de cela, j’aimerais te rendre à ta vie ; mais je redoute que cela ne soit plus possible. Le mal est trop profond.

    YOURI : Que marmonnes-tu encore ? Il faudra parler plus clairement, lorsque le tournage commencera !

    MÉDÉE : Ne sois pas inquiet. Je peux aussi crier.

    YOURI : Ni cri, ni murmure. Tout est dans la moyenne, ici, dans la médiocrité. On s’étripe en souriant, on s’aime en bâillant. Va te changer dans la loge, nous ferons un bout d’essai dès que tu seras prête.

    MÉDÉE : Cela fait une éternité que je suis prête.

    YOURI : J’apprécierais cependant que tu te changes ; ton accoutrement ne correspond guère à ce qu’attend le spectateur. Et s’il nous délaisse… malheur à nous !

    MÉDÉE : Quand passe l’ombre de la mort, le sens du tragique ressurgit. Tout n’est peut-être pas perdu pour ce pauvre garçon. Ma maquilleuse arrive, je l’entends ; je vais donc satisfaire ta demande et me donner l’apparence de l’anodin qui sied à ton époque – et qui me permettra d’oeuvrer en toute discrétion. Mon âme n’a pas changé, mais elle a appris, contre son gré, à se dissimuler sous des masques.

    La maquilleuse arrive, essoufflée.

    LA MAQUILLEUSE : Ah, madame ! Vous voilà ! Je vous prie d’excuser mon retard, je me suis perdue dans cette ville de fous ! Mais dorénavant, cela ne se produira plus, j’ai pris mes repères et…
    MéDéE : C’est bon, suis-moi. Le maître de ces lieux souhaite que je me prépare, et j’ai besoin de ton aide.

    Elles partent. Youri reste seul.

    YOURI : Quelle équipe… Que diable allais-je faire dans cette galère ? Mais c’est ça ou le Titanic. Il faut vivre, à défaut d’être heureux… Survivre, en espérant qu’un jour la chance viendra enfin ! J’ai assez perdu de temps pour savoir qu’il est vain d’espérer encore ; mais je ne suis pas assez vieux pour me laisser sombrer sans crainte. On ne sait jamais ; c’est ce que je me répète à chaque début de tournage d’une de ces productions infectes. On sait toujours, mais on feint l’ignorance.

    Du bruit. Un homme arrive, qui titube légèrement. Il n’a pas l’air très frais…

    YOURI : Il ne manquait plus que lui pour que le radeau prenne le large ! Jason, le professionnel de l’échec ! Astronaute refusé, acteur raté ! Les seules étoiles auxquelles il pourra accéder sont celles que l’alcool allume dans ses délires… À croire que le King a décidé de ruiner sa société en prenant un tel casting. Bonjour, Jason ! Bourbon ou Gin ?

    JASON : Merci, Youri. Tu sais bien que je ne bois jamais pendant le travail.

    YOURI : Je l’entends bien ainsi ; je m’informais seulement du breuvage qui t’avait mis, déjà, dans cet état. Ne réponds rien ; je ferais mieux de demander qu’on modifie ton contrat. Non seulement t’interdire de boire sur le plateau, mais te faire passer un alcotest lors de ton arrivée.

    JASON, larmoyant : Tu ne sais pas ce que je vis, Youri ! À ma place, je ne sais pas si tu aurais même la force de te lever le matin.

    YOURI : Bien sûr, mon grand. Allez, va t’apprêter ; ta partenaire est arrivée.

    JASON : C’est vrai ? Dis-moi, elle est bien ? Célibataire ?

    YOURI : Calme-toi. Elle m’a l’air plutôt braque, mais c’est peut-être une chance pour toi, après tout. Mais méfie-toi, je pense que le patron a des vues sur elle…

    JASON : Jolie ?

    YOURI : C’est étrange : quand je l’ai vue, je ne me suis même pas posé la question. Ce n’est pas le mot. Pour être précis, ce n’est pas une jeunesse – mais je ne crois pas que tu peux être trop exigeant. Un astronaute cloué au sol doit revoir ses prétentions de septième ciel à la baisse…

    JASON : Arrête ! Réponds : jolie ?

    YOURI : Tu dis « jolie » quand tu penses « baisable ». Je n’en sais rien. Tu jugeras sur pièce. Va t’apprêter ! Pour ce que je suis payé, je n’ai pas envie de consacrer plus de temps qu’il n’en faut à la réalisation de cet incomparable chef-d’oeuvre…

     

    Série

    Un jeune couple dans un lit. Bien entendu, le drap couvre les seins nus de la jeune fille.

    ELLE : Oh, John, John ! Faut-il vraiment que nous nous cachions ainsi ? Nous nous aimons, je veux que nous puissions nous marier, avoir des enfants…

    LUI : Je sais, mais tant que nos parents se font la guerre, il n’est pas possible que nous avouions notre relation… Les enjeux sont trop importants…

    ELLE : Tu parles de notre amour comme s’il s’agissait d’une affaire à traiter en conseil d’administration !

    LUI : Je n’ai pas dit ça, trésor ! Mais il faut attendre… Patience ! Quand l’OPA que ton père a lancée sur la société de mon père aura abouti ou échoué, peut-être pourrons-nous…

    Fin de la série

     

    YOURI : N’importe quoi ! Roméo, mon Roméo… Je vais venir apporter ma pierre à l’édification de ce monument à la bêtise qu’est la culture télévisée de ce pays ! La culture… Si au moins, on pouvait en montrer un peu plus ! Mais non, le drap collé au menton de la pucelle ! J’avoue que la scène pourrait être épique, avec mes deux numéros…

    Arrivent Médée et la maquilleuse, qui restent dans le fond. Youri ne les voit pas et sort. Elle a revêtu un tailleur chic et passe-partout dans lequel elle a l’air raide. Elle est pâle.

    MÉDÉE : Mon Dieu, quelle épreuve ! Le revoir après un si long exil…

    LA MAQUILLEUSE : Votre haine est-elle si forte, madame, qu’après tant de temps elle fasse encore battre votre coeur ?

    MÉDÉE : Je ne sais plus ce qui, de la haine, se mêle aux souvenirs heureux. Ma vengeance, il est vrai, fut terrible et des vies qui m’étaient chères y furent englouties ; mais Jason, quoi qu’on en pense, ne souffrit pas longtemps. Il fut roi malgré tout et trouva dans l’oubli un baume plus puissant que ceux que je lui avais jadis offerts pour vaincre les pièges tendus par mon père. Et vois ce qu’il est devenu !

    LA MAQUILLEUSE : Hélas, n’est-ce pas le propre des hommes, d’oublier ce qui contredit leur passion et leurs envies ? Les femmes, elles, ont le souvenir inscrit dans leur chair et la vie leur pèse de plus en plus. Mais quelle vengeance pouvez-vous encore concevoir, quand la plus effroyable qui fût ne le terrassa pas ?

    MÉDÉE : Je veux abolir le filtre d’inconscience qui voile sa mémoire et apaise sa souffrance.

    LA MAQUILLEUSE : Rude tâche ; il semble tellement…

    MÉDÉE : Abruti. C’est le mot qui convient à cette époque ainsi qu’à cette épave. Il me faut tout reprendre à zéro. Lui rendre cette confiance en soi qui pousse les hommes à faire preuve de courage, mais surtout d’orgueil.

    LA MAQUILLEUSE : Sur ce plateau, vous ne risquez pas d’aboutir. J’ai entendu dire qu’il a renoncé à son entraînement pour devenir astronaute…

    MÉDÉE : Il n’a pas renoncé : on ne l’a pas retenu. C’est pire. Jadis, il conduisait l’Argos et convoquait les meilleurs héros de Grèce ; aujourd’hui, il court de bar en bar pour noyer l’affront qu’il a subi. Les règles ont changé, et les dieux qui mènent aujourd’hui la danse sont sensibles à d’autres critères. Mais il doit repartir, je te l’ai dit : il faut tout reprendre. Je m’y emploierai ; moi aussi, il est vrai, j’ai perdu de mes pouvoirs, mais ils sont encore suffisants et j’ai, contrairement à lui, toute ma conscience.

    Youri revient et aperçoit Médée. 

    MÉDÉE : Je suis prête.

    LA MAQUILLEUSE : Madame aurait dû me laisser renforcer un peu le fond de teint. Vous avez l’air malade, ainsi ! Je vous assure, pourtant, rien qu’une touche, et vous renaissez ! Si vous me laissiez faire, je pourrais opérer des miracles…

    MÉDÉE : De quoi parles-tu ? La vérité n’a que faire des faux-semblants. Et je peux, si je le veux, paraître ce qu’il faudra…

    YOURI : Elle a raison, cependant. À l’écran, tu auras l’air d’une revenante. Nous ne tournons pas l’adaptation d’un Stephen King, ou un remake des Hauts de Hurlevent. Tu iras refaire le maquillage avant de commencer le tournage. Pour l’instant, viens, faisons un bout d’essai.

    MÉDÉE : Le contrat est signé…

    YOURI : Je sais, et je n’ai pu choisir les acteurs. Mais j’ai quand même le droit de savoir un peu à quoi m’en tenir, non ? Approche, là, dans la lumière.

    MÉDÉE : Que veux-tu que je dise ?

    YOURI : Je ne sais pas… (Feuillette le script.) Tiens, oui, page 37, quand tu apprends que Peter te trompe avec la fille de son patron.

    Médée vient se placer à l’endroit indiqué, ferme les yeux, se concentre. Silence. Pendant sa prochaine tirade, on verra Youri sursauter et s’énerver de plus en plus. 

    MÉDÉE : O douleur ! que la foudre du ciel me traverse la tête ! À quoi bon vivre encore ? Que la vie me délivre d’une vie qui m’est odieuse ! Justice ! Voyez ce que je souffre après les grands serments qui m’avaient attaché celui que je maudis ! Je voudrais de mes yeux le voir avec sa jeune femme écrasés sous leur demeure détruite. Quelle injure ils osent me faire, et tout imméritée ! O mon père, ô patrie dont je me suis dépossédée honteusement, après avoir…

    YOURI : Arrête !

    MÉDÉE, sur sa lancée : …tué mon…

    YOURI : Arrête, je te dis ! Qu’est-ce qui te prend ? Tu es complètement folle ! Es-tu sûre d’avoir déjà tourné ? On ne t’a jamais appris qu’il fallait au moins respecter le texte qu’on te donne ? Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Tu veux que les téléspectateurs éteignent tout de suite, ou quoi ? « Ô douleur ! que la foudre du ciel… » Où te crois-tu ? Putain, ça commence bien ! Prends le texte, nom de Dieu, page 37 ! Et pas de gestes pareils, tu es à la télé, par sur une scène de théâtre ! Pire qu’une débutante ! Le texte, le texte !

    MÉDÉE : Je ne l’ai pas. Ou plutôt, je n’en ai d’autre que celui que je porte en moi depuis si longtemps.

     

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