couverture ePubUne femme quitte son pays et son passé, décidée à tout oublier, à renaître. Elle se marie, donne naissance à une fille à qui elle se consacre entièrement. C’est l’histoire de ces deux femmes, de la naissance de la fille à la mort de sa mère. Des tableaux qui disent la difficulté et la force d’aimer, le poids des secrets, les destructions qu’ils occasionnent, les cohésions qu’ils imposent. Et au final, le constat que la seule vérité est celle des liens qui se tissent entre les êtres.

Cette pièce a été créée au Festival de Spa, en août 2010, puis inscrite au programme 2010-2011 de l’Atelier Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, dans une mise en scène de Daniela Bisconti.

Elle était interprétée par Cécile Van Snick, Stéphanie Van Vyve et Michaël Manconi.


 

Publication : Edern (2010), Ker (2013)

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  • Extrait

    Les vacances

     

    La mère

    Qui c’était, ce garçon ?

    La fille

    Maman, joue pas la caricature.

    La mère

    Qui est la caricature ? Tu as trois centimètres de sein et tu te comportes comme une…

    La fille

    Révise tes mesures, maman. J’ai seize ans et je fais du 85 C.

    La mère

    85 C ! Quelle poésie ! Et lui ? Il fait du 20 B ?

    La fille

    Je déteste quand tu es vulgaire…

    La mère

    Excuse-moi. J’ai peut-être bu un verre de trop… Ce

    sont les vacances, non ?

    La fille

    Pour moi aussi.

    La mère

    Ce n’est pas pareil. Les garçons ne pensent qu’à une chose…

    La fille

    Je te laisse à tes apéritifs. Moi, je retourne voir les copains.

    La mère

    Les embrasser !

    La fille

    Embrasser Arthur, oui, parce que je l’aime et lui aussi, il m’aime. Comme toi tu aimes papa.

    La mère

    Tu ne peux pas comparer.

    La fille

    Pourquoi ?

    La mère

    Ton père et moi, nous sommes mariés depuis si longtemps ! L’amour, ça se construit, année après année. Toi, tu es dans le coup de foudre…

    La fille

    Tu l’as été aussi, non ?

    La mère

    Et je le suis encore.

    La fille

    Super. C’est pour ça que papa ne vient jamais avec nous en vacances.

    La mère

    Il a trop de travail.

    La fille

    Pour nous payer de belles vacances, je sais. Il doit pas être si doué que ça, alors. On va jamais plus loin que la Normandie.

    La mère

    Et alors ? C’est splendide, la Normandie. Et très sain.

    La fille

    Le bon air débonnaire de la mer de ma mère ! Pourquoi on ne va jamais dans ton pays ?

    La mère

    Ça suffit. Tu sais que je ne veux pas en parler. Tout est laid, là-bas ; les gens, les paysages, les villes.

    La fille

    C’est toi qui le dis…

    La mère

    C’est moi qui sais. Allez, va rejoindre tes amis.

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